Samedi 1 octobre 2005
On y est ! Octobre 2005, le mois M, l'an 0. Non, je ne parle pas de l'anniversaire de ma femme, de ma fille, de ma cousine Rachel, de ma belle-soeur, de ma belle-mère,... (si, si, véridique !), mais du mois où l'on doit recevoir les clés de la maison.

Enfin ! 20 mois après avoir signé la réservation du terrain, 9 mois après le début des travaux, on y est presque. Presque, parce qu'il reste encore les boiseries extérieures (bon, c'est du PVC, mais ce sont des boiseries quand même), les sanitaires, et le carrelage et quelques restes d'électricité.

- "C'est tout ?" (petite ruse de narration faisant intervenir une personne fictive pour donner vie au texte; en fait, personne n'a posé de question).

Oui, c'est tout, car - roulements de tambours - ils ont enfin posé la chappe sur le chauffage par le sol ! 2 semaines que rien ne se passait. Bien-sûr, on a ralé un petit peu (ma femme beaucoup, mais bon, vous savez, les femmes...) et les voilà à pied d'oeuvre. La chappe est donc posée; reste à attendre qu'elle sèche (une semaine) et la pose du carrelage pourra commencer.

Deuxième évènement, et non des moindres, le mont Ticule à l'avant et la piste de ski à l'arrière du terrain ont été rasés. La végétation (conifères tout moche et arbre à petites baies noires - tout moche aussi) ont été sauvagement arrachés et mis en pièces. Au final, nous avons troqué un mont Ticule, par un mont Ceaudebranchages. Avis aux amateurs, grand feu de joie en prévision, quand tous ces branchages seront secs (comme on est en Normandie, ne pas compter dessus avant fin juillet 2006  ).

Bref, ça sent le déménagement tout ça. Dernière ligne droite avant le sprint final, qui nous amène au 18 octobre, jour de la remise des clés et du branchement EDF. Après, que du plaisir: peinture, carrelage mural dans les salles de bain, peinture, cuisine à monter, pelouse à planter, peinture, cartons, et encore une foule d'autres choses qu'on n'a pas évaluées encore.

Vivement la fin !
Dimanche 25 septembre 2005
Informaticien, c'est un métier. Mais contrairement à bien d'autres métiers (secrétaire ou boucher par exemple), c'est souvent une passion. Et c'est une passion qui prend du temps et frise l'intoxication: yeux blafards, suite aux nuits trop courtes, désir irresistible de retourner à l'ouvrage au plus tôt pour trouver ce "maudit bug" ou mettre en oeuvre une nouvelle technologie ou un nouvel algorithme révolutionnaire.

L'un de mes collègues a ce virus: bien que marié et père de 4 enfants à 30 ans, il trouve le temps de passer presque chaque soir plusieurs heures sur le net à déboguer et développer des projets libre open-source, donc gratuitement. Inlassablement, il découvre et assimile de nouveaux projets, de nouveaux concepts, de nouvelles idées, ce qui a eu pour conséquence positive qu'il a été largement moteur dans les directions techniques de notre société, et qu'il a su capter l'attention de ses supérieurs (et pas uniquement leur attention).

D'un autre coté, il s'est attiré les foudres d'autres collègues, passablement jaloux de sa facilité à assimiler et à comprendre; là où certains passent plusieurs semaines à comprendre, il y arrive en quelques jours, ou plutôt, en quelques soirs.

Mais désormais, peu importe: il quitte la société. Dernier élu du second plan de licenciement, il va bientôt recouvrer sa liberté. Certains se réjouissent; lui aussi ! Car s'il quitte la société, ce n'est pas parce qu'on l'a viré, mais parce qu'il s'est proposé à la place de quelqu'un qui était viré.

Le voilà donc sur le départ; mais avant même qu'il ait fini les quelques semaines de son préavis, il est déjà devant un dilemme: que vais-je faire après ? Ca pourrait être la question de tout chômeur ou tout futur chômeur. Mais pour lui, il s'agit de choisir entre 2 propositions spontanées de sociétés américaines travaillant dans l'Open Source qui s'arrachent ses services à coups de dizaines de milliers d'Euros l'années. 60000 Euros d'un coté; 65000 Euros de l'autre. Le premier renchérit à 65000 plus un portable dernier cris. Le second propose de 2 à 4% sur les bénéfices...

Toutes ces soirées passées à déboguer, développer, apprendre gratuitement, ont donc fini par rapporter (alors qu'il ne s'y attendait pas). En plus, alors que la plupart de mes collègues renvoyés (ou sur le départ) considèrent sérieusement la possibilité de changer de région (vu la faiblesse du marché régional) ou de changer de métier, lui se voit accordé le luxe de travailler chez lui - ce qui est tout à fait avantageux financièrement, en ces temps de hausses du pétrole: ça, c'est le bon coté de la mondialisation.

Bref, tout ça pour dire que l'informatique, c'est un virus, qui peut pousser à l'intoxication. Pour dire aussi que l'open-source libre (free en anglais), à la base,  c'est gratuit ("free as in free beer", qu'ils disent aux USA); mais ça peut rapporter gros ! Tout ça pour dire aussi qu'ils sont trop forts ces américains: même quand c'est gratuit, ils arrivent à faire beaucoup (beaucoup) d'argent.

Et ça, c'est de l'info, pas de l'intox !
Dimanche 18 septembre 2005
Une semaine !
Une semaine de travail assez intense (dont 2 jours à Paris).
Une semaine de pluie aussi...

Résultat: walou ! Le chantier de la maison n'a pas avancé d'un quart de poil.
Toujours le même tas de terre devant. Le muret n'a pas dépassé le premier rang d'agglos. Et la piste de ski à l'arrière du terrain n'attend plus que la neige et la construction du tire-fesse.

Et l'intérieur, alors ? Parce que, d'accord, je veux bien croire que la pluie ait empêché le travail à l'extérieur (un bulldozer qui patine dans la gadoue, ça ne sert pas à grand chose), mais à l'intérieur ?!

A croire qu'ils savaient que j'allais à Paris et que je n'aurais pas le temps de suivre les travaux ! Maintenant que j'y pense, j'ai effectivement eu le terrassier mardi, et je lui ai dit que je ne pouvais pas me rendre sur le terrain, étant à Paris, mais que j'attendais son devis... (je l'attends toujours d'ailleurs...) Ach ! Z'est oun conspirazion !

Bon, cette semaine, j'appelle le constructeur ! Une semaine à rien faire, un mois avant la fourniture des clés, alors qu'il reste tout plein de choses à faire, ça a le don de m'irriter.

Heureusement, on annonce grand beau temps pour toute la semaine. Vue la précision légendaire (c'est le cas de le dire) de Météo France, la semaine, faut peut-être pas rêver. Mais on peut espérer au moins un lundi et un mardi sans eau; après...

Au fait, je n'ai toujours pas retrouvé (comprendre "cherché") le cable USB de l'APN, donc pas de photo...
Mercredi 14 septembre 2005
Ca fait déjà plusieurs semaines que je n'ai pas mis de photos en ligne sur ce blog... non pas que l'envie m'en manque: j'ai une bonne série de photos à publier, mais pas moyen de mettre la main sur le cable USB de l'appareil photo numérique !

En plus, comme on commence à faire quelques paquets (pas beaucoup, le courage n'étant pas encore au rendez-vous), cela devient vraiment difficile de trouver quoi que ce soit; surtout dans notre chambre !

Bref, j'ai donc tout un paquet de photos à publier, qui risquent de devenir rapidement obsolètes si je ne me secoue pas un peu: photos de l'intérieur de la maison, avec le plancher chauffant en cours d'installation; photos du jardin, avec vue imprenable sur la butte, et vue encore plus imprenable du haut de la butte (à 2m du sol, on domine !); prises du vue de la flore locale: ronces, orties, arbre mort envahi de lierre, arbre d'origine douteuse avec de petites grappes de fruits noirs, résineux tout miteux... l'eden, quoi !

Et puis surtout, notre montagne à nous - le mont "ticule" - 100 tonnes de terre végétale (ci pas chère msieur dame, ci de la bonne qualité) qui n'attendent qu'un acquéreur pour débarrasser le plancher.

Toutes ces photos en attente du jour de gloire, quand la foule de mes lecteurs (et lectrices, bien-sûr), folle de curiosité et d'impatience, pourra enfin admirer ces clichés tant attendus (je m'égare, je m'égare...)

D'autant que la maison est bientôt finie: fin septembre, le carrelage sera posé; et fin septembre, c'est déjà demain (ou presque). Reste encore les sanitaires, une partie de la plomberie (le gros est fait, d'après ce que j'ai pu entrevoir), les volets, et puis c'est tout.

La semaine dernière, j'ai pu effleurer du bout de mes petits doigts boudinés le premier interrupteur (on est peu de chose quand même); depuis, j'espère que ses frères (les interrupteurs) et soeurs (les prises de courant) ont suivi.

Comme de bien entendu, et pour fêter ces avancées, j'ai reçu une nouvelle facture: 400 € pour brancher le compteur EDF, rien de moins ! J'ai même reçu des impots une douloureuse de 1000 € pour la TLE (taxe locale d'équipement). Bon, celle-là, je vais me la faire: d'abord, on n'est pas encore rentré dans notre maison; en plus, on est censé payer que la moitié grâce au prêt à taux 0.

Enfin, c'est là vie. Voilà, c'est terminé. Et toujours pas de photos... Circulez, y rien à voir !
Samedi 3 septembre 2005
Suite du feuilleton "Super, on fait construire". Et comme dans "les feux de l'amour", après chaque épisode, on a l'impression que ça avance, mais on n'en voit jamais la fin...

Car dans notre cas, ça fait quand même près de 2 ans que ça dure. Et il reste encore (qui a dit "plus que") 1 mois et demi...

"Dans l'épisode précédent..." (prendre une voix masculine bien grâve), je vous annonçais des photos pour vous montrer le terrain qu'il est beau maintenant qu'il est tout plat.

Eh bien, en guise de photos, je n'ai que quelques clichés prix avec mon maaaagnifique Sony Ericsson P910, qui, aussi high tech qu'il soit, ne prend que des photos en 640*480 (mais bon, après tout, c'est un téléphone PDA, pas un grille-pain machine à laver, chacun son rôle). Pourquoi ne pas avoir pris l'APN ? Parce qu'une personne - que j'apprécie, au demeurant - a eu la malencontreuse idée de jeter les piles rechargeables de l'appareil photo lors de nos dernières vacances communes...

Et en guise de terrain plat, hemm, j'ai un terrain, légèrement incliné... à... 20% (au moins, honte sur nous).

Maintenant que vous savez tout, petit flashback pour voir comment on en est arrivé là.

Lundi 22 août, 14h15 - à l'appartement (on se croirait dans un film catastrophe, avec les sous-titres qui indiquent le jour et l'heure à la minute près): j'appelle le terrassier pour qu'il me confirme qu'il va travailler sur mon terrain. "Oui monsieur, on y travaille demain, mercredi et jeudi". - peut-on se voir ? "D'accord, à jeudi midi, sur le chantier".

Jeudi 25 août, 12h00 - sur le chantier. Rien n'a été fait, et personne n'est là. Tout va bien, je vais bien...

Jeudi 25 août, 12h10 - sur le chantier. "Allo, Mr ... ; je suis désolé, je vais être un petit peu en retard,  je suis à fhdkdhkjdhgkbcbd j'jkjkjrive, je dfhdhkhjh " - je ne vous entends pas bien, je vous attends... à tout de suite.

Jeudi 25 août, 12h40 -
toujours sur le chantier. Dans un film en général, quand l'affichage des dates en sous-titre s'accélère, c'est qu'un évènement important va arriver et la tension est à son comble. Dans mon cas, ce n'était pas ça: ça faisait quand même 40 minutes que je poireautais et je trouvais le temps long... Enfin le terrassier arrive.

"Finalement, on travaillera la semaine prochaine, on a eu un contre-temps, un autre chantier.." J'avais remarqué...

Mardi 30 août, 12h00 - sur le chantier. Petit tour par le chantier, pour voir... que rien n'a encore été fait; mais un ouvrier avec son bulldozer est là et fait quelques manoeuvres: il y a de l'espoir.

Jeudi 1 septembre, 12h30 -  sur le chantier. Rendez-vous au sommet avec le maître d'oeuvre, le terrassier et le voisin. Le maître d'oeuvre pour régler quelques questions (c'est fini quand ?), le terrassier pour voir ce qu'il va faire pour arranger le terrain vague qui me sert de terrain, et le voisin parce qu'il aimerait bien récupérer quelques tonnes de terre fraîche pour remplacer les caillous de son terrain (comme quoi, il n'y a pas de justice: il est juste à 10 mètres de chez nous, et il a un terrain tout pierreux alors que nous on a une belle terre sans caillous).

Et ça m'arrange bien; car de la terre, j'en ai un paquet à revendre. Le terrassier estime à 8 à 10 camions de 15 tonnes. Et figurez vous que ces 8 camions sont à notre charge, bien-sûr. Sinon, on garde notre montagne de terre sur le devant de la maison. Pas cool. A 130 Euros le camion, ça commence à chiffrer.

Alors le voisin, je le remercie grandement; il me prend 4 à 5 camions, c'est d'autant moins à débourser.

Vendredi 2 septembre, 19h00 - sur le chantier. Je passe voir le résultat: devant, le tas de terre a doublé de volume. Bien, ils ont dû bien déblayer derrière. Derrière: horreur ! Ils ont déblayé, effectivement, mais pas autant que je l'aurais souhaité. Entre le bord de la maison et le fond du terrain (qui n'est pas si loin, croyez-moi), il y a près de 1m50 de dénivelé... Pas mal pour implanter une piste de skate... Pas terrible pour un jardin.

Bon, je sens qu'il va falloir remettre la main à la poche, pour qu'ils enlèvent à peu près la même quantité de terre qu'ils ont déjà enlevée. Ce qui veut dire que non seulement il va falloir payer pour les coups de bulldozer supplémentaires (dans le contrat, ils devaient juste restituer le terrain dans son état originel, ce qui a été fait), mais en plus il va falloir payer pour les camions supplémentaires (à vue d'oeil, 4 à 5 camions), sans parler de la décharge si personne ne se porte acquéreur... Et encore, je ne parle pas des arbres à couper (car ils sont malencontreusement situés en haut de la butte) et du prix des arbres à replanter un mètre plus bas (je suis passé dans une pépinière, juste pour voir...)

Il y a des jours, on a un peu l'impression d'être une vache à lait.
 
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